mercredi, 09 juillet 2008

Lettre ouverte d'un otage des médias à Ingrid BETANCOURT

jc_martinez.jpgLettre ouverte d'un otage des médias
" INGRID, MA DOUCE INGRID"
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Dites-nous la vérité… qui libère"
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Ingrid, pardonnez-moi cette familiarité de l'émotion et de la communion entre frères de baptême, au sein de notre Église apostolique et déjà, grâce à vous, un peu colombienne. Mais nous vous admirons tant, enfants de Don Quichotte ou fils de la télé, que depuis la très belle nouvelle, littéralement l'Évangile de votre libération, et surtout de votre santé miraculeusement rétablie, nous flottons. Dans le bonheur irréel qui nous fait tout oublier. Même le Tour de France qui pourtant nous occupait tous les mois de juillet et même nos vieux tee-shirts avec le portrait du Che.

Nous ne voyons plus que par votre image mariale immaculée, puisque vous nous êtes revenue sans la moindre tache. Ni du soleil de l'Équateur, ni de la poudre de vos libérateurs. Pas un seul coup de feu n'a été tiré. Rien que des feux de l'amour et de la seule poudre pour les yeux.

Il faut féliciter ce professionnalisme des grands soldats de l'armée colombienne et surtout leur service de santé qui en quelques heures vous a permis, à vous l'Ingrid de la cassette vidéo, à la santé chancelante qui nous avait tant émus, de redevenir la grande figure politique tant admirée. Donnant longues et brillantes conférences de presse internationale, discours aux Assemblées, interviews et déclarations qui nous font tant regretter que Jeanne d'Arc n'ait connu ni la télévision ni le Président Nicolas Sarkozy qui l'aurait fait libérer. Mon Dieu, qu'est-ce qu'elle a raté ! Heureusement, vous non ! Vous n'avez rien raté. Ni la sortie haletante il y a six ans déjà, ni maintenant le retour triomphant.

Pour cela, nous souhaitons que vos valeureux libérateurs colombiens, Ingrid, ne subissent pas demain le sort du préfet Marchiani, libérateur lui d'autres otages au Liban et remercié par son emprisonnement actuel à la Santé.

Comme vous, nous félicitons tous le Président Sarkozy qui, en dépit des "caisses vides" et de "la France en faillite", a pu permettre à Mélanie, son petit frère Lorenzo, leur petit cousin, leur tata et tous vos amis, de ne pas avoir dû attendre huit heures interminables pour le départ quotidien de l'avion de ligne Paris – Bogota et d'avoir pu vite sauter dans un avion spécial de la France, pour aller vous retrouver, vous maman du monde, dans la petite maison, enfin heureuse, de votre courageuse famille, membre du top des grandes infortunes latino-américaines.

Vous ne savez pas combien, nous, Languedociens et Catalans, nous nous réjouissons que notre pays ait pu consacrer à la réalisation de cet événement émouvant une enveloppe budgétaire supérieure à celle qui vient d'être affectée aux milliers de nos vignerons en grande difficulté, pris en otage par le libre-échange planétaire.

Notre bonheur à tous est d'autant plus grand qu'enfin libérée, Ingrid, vous allez pouvoir reprendre la noble lutte que vous avez toujours menée pour obtenir de l'hyper-classe sociale que vous connaissez la libération des enfants esclaves des mines, des travailleurs asservis dans les bananeraies de Chiquita, des femmes brisées dans les serres à roses ou les champs et de tous les travailleurs indiens ou non de l'Amazonie, des plateaux andins ou des favellas, dont les conditions de vie inhumaines, depuis toujours, ont servi de terreau à la révolte des FARC qui vous ont séquestrée et des autres mouvements qui les ont précédés.

Votre libération tant attendue augure bien de la présidence française de l'Union européenne qui va pouvoir maintenant se consacrer à d'autres libérations. Celles des millions de femmes et d'hommes à la vie et à l'avenir pris en otage par les politiques économiques malthusiennes stupides de l'Union européenne. Je pense, Ingrid, à nos paysans que vous aimez tant, aux victimes des délocalisations, à nos compatriotes malades enfermés dans l'angoisse de nos hôpitaux sous-équipés, tout comme aux papies et mamies, oubliés dans des maisons de retraite de la honte, jusqu'à y être 14 803 à en mourir de soif en août 2003. Juste au moment où vous, Ingrid, vous receviez, Dieu merci, de vos geôliers de l'eau pour vous hydrater et des dirigeants français le bénéfice d'une noble mobilisation, à 6 000 km de distance, pendant qu'ils oubliaient, en revanche, de s'intéresser à la vie de nos compatriotes âgés qui mouraient, eux, juste à leur côté.

Mais tout cela, c'est du passé. L'avenir c'est vous Ingrid. Et pas seulement pour la Colombie. Ni même pour la France où l'Élysée vous y serait pourtant réservé. De droit divin. Permettant aussi aux femmes de Marie de réussir là où Hilary a échoué : atteindre les sommets et y faire couler politiquement le miel et le lait. Que toutes les télévisions nous offrent depuis toutes ces journées où elles s'ouvrent à votre voix lactée.

Non ! Ingrid, offrez-nous, offrez-vous, un avenir planétaire. Sœur Theresa n'est plus là. Mandela est âgé. Gandhi est mort. Martin Luther King s'est réduit à Obama. Je ne vois plus que vous, et… Jacques Ségala, pour tout vous organiser.

Il avait déjà organisé, en effet, souvenez-vous, vos deux campagnes parlementaires victorieuses à Bogota. Avec des slogans que votre nouvelle piété rend incongrue de rappeler. Il aurait pu même oser fabriquer votre cassette vidéo bouleversante qui a fait chavirer la Terre sur son axe. Il saurait bien recycler aussi le célèbre clocher de la célèbre affiche avec le célèbre slogan : "Ingrid, la force fragile".

Mais ce n'est plus de cela qu'il s'agit. Vous appartenez, Ingrid, à l'humanité. Nous vous attendons dans quelque chose à cette dimension. Certes, un prix Nobel de la paix. Pourquoi pas, en passant. Mais votre royaume, Ingrid, n'est pas dans ce petit hochet. Secrétaire général de l'ONU ? Mais il y a déjà eu un autre latino-péruvien : Perez de Cuellar. "Haut commissaire planétaire à la vie", comme il y a un haut commissaire aux réfugiés ? C'est un peu cela que les opinions, de la France au Zimbabwe, frémissantes et passionnées, attendent. Une sorte de magistère, à la fois moral et planétisé. Souverain et pontife…

Ah ! Si seulement notre Sainte Église voulait, en un Vatican III, vous couronner… Ingrid, c'est là à Rome, que vous pourriez nous sauver. Vous nous montreriez le chemin dans cette jungle terrestre où nous sommes prisonniers pour nous conduire à la vie.

Mais vous connaissez la formule de celui qui, il y a 2 000 ans, conduisait aussi à la vie. Il disait, ma douce Ingrid : "Je suis la vérité. Je suis le chemin. Je vous mène à la vie".

Il commençait, observez-le, Ingrid, par la vérité. S'il vous plaît alors, Ingrid, ma douce Ingrid, à genoux l'un et l'autre, dans le creux de l'oreille, sans Caracol ni TF1, en une communion sainte et fraternelle, pourriez-vous me dire la vérité ? La vérité qui libère. Juste la vérité. Ingrid. Ma douce Ingrid. La vérité !

Jean-Claude MARTINEZ
Député européen

mardi, 25 mars 2008

Malthusianisme, obscurantisme, pharisaïsme : Trois vérités cachées derrière l'euthanasie

1388470687.jpgTribune de Jean-Claude MARTINEZ

Ça y est ! C'est parti ! Les chiens dont parlait le Président Mitterrand ont flairé la piste. De télévision en journaux, d'associations de circonstance en grandes âmes à faible consistance, la meute aboie, éructe ou bave devant la vie acculée, apeurée, haletante et souffrante.

La mort ! La mort ! L'euthanasie ! Parce que c'est d'elle qu'il s'agit. Chantal Sébire aujourd'hui. Vincent Humbert hier. Demain, une autre vie chancelante qu'ils instrumentaliseront. Jusqu'à ce qu'ils obtiennent, gravé dans le marbre en plastique d'une loi de circonstance, le droit de tuer.

Car c'est cette perversion du droit qu'un conglomérat d'histrions de la médecine, de galopins de la politique et de vibrions du journalisme essaie de nous imposer pour les trois déraisons qu'ils ne cessent de cacher derrière le débat fumigène d'une euthanasie encore plus stupide que révoltante.

Que se cache-t-il en effet derrière le tsunami d'euthanasie compassionnelle venant de gens qui, en août 2003, n'ont pas eu le millième de ces trésors de compassion qui les habite pour tendre un verre d'eau aux 14 803 papys et mamies morts déshydratés ?

Il se cache le malthusianisme, l'obscurantisme et le pharisaïsme.

D'abord, l'actuelle propension à vouloir offrir à chacun le droit à s'euthanasier est inversement proportionnelle aux possibilités de se soigner dans l'efficacité. Dans l'Europe des austérités budgétaires, le droit à l'euthanasie devient un substitut du droit aux soins de plus en plus restreint. Chantal Sébire en a été l'illustration qui devrait faire hurler de colère ce parti de gauche osant réclamer "sans tabou… le droit de choisir sa mort", pour ceux qui n'ont plus le droit de choisir les soins qui rendent la vie.

Car Chantal Sébire n'avait-elle par un neuroblastome olfactif curable ? Pour autant que des hôpitaux n'aient pas été fermés. Que des médecins n'aient pas été absents par le numérus clausus. Que les internes n'aient pas été recrutés au rabais. Que les chirurgiens et les anesthésistes n'aient pas renoncés faute d'assureurs pour les assurer. Que les appareils Petscan de diagnostic précoces n'aient pas été absents depuis des années de tous les hôpitaux français.

Oui, Chantal Sébire n'a pas eu tous les moyens de se soigner. À cause des choix politiques malthusiens que les partis alternativement au pouvoir font depuis des années. Très exactement depuis 1992 et le traité de Maastricht dont l'article 104 C étouffe la France et l'Europe sous la chape de plomb d'un pacte d'austérité budgétaire.

La première vérité cachée, c'est le malthusianisme économique. Il crée le misérabilisme ambiant qui donne le misérable débat que l'on voit et les pratiques misérables qui arrivent. Si Ariel Sharon avait été soigné à Berck, par le médecin de Vincent Humbert, il ne serait plus là. Or il est là. Ce qui révèle deux autres vérités cachées sur la secte de la libre euthanasiologie : la régression obscurantiste qui la caractérise et l'égoïsme pharisien qui la résume.

Les obscurantistes ne veulent pas voir qu'après Pasteur et Fleming les pas de géant de la science continuent, acheminant vers la régénération neuronale ou la micro chirurgie vasculaire par exemple. Si bien qu'avant la fin de ce siècle, Vincent Humbert aurait remarché.

Quel gâchis alors que de lui avoir refuser les moyens de pouvoir attendre, de s'adapter et d'espérer.

Malthusianisme qui a fabriqué en Europe l'entonnoir à euthanasie, obscurantisme consternant qui ferme l'avenir et surtout pharisaïsme ambiant.

Le discours sur l'euthanasie déverse en effet des torrents d'hypocrisie.

D'abord, la dénonciation d'un "acharnement thérapeutique" dans une France où les chirurgiens, les anesthésistes, les infirmières, les lits d'hôpitaux, les IRM et les petscans manquant, c'est le rationnement thérapeutique qui fait scandale et non l'excès de soins.

Ensuite, la drôle de compassion, la seringue en bandoulière et la piqûre à la boutonnière, qui veut aider à mourir, parce qu'une minute suffit pour piquer, mais qui refus d'aider à vivre, parce que là il faut plus de temps. Car enfin, les 400 personnes qui ont trouvé deux heures pour aller à la messe de Vincent Humbert éliminé n'avaient pas trouvé dix minutes pour aller parler avec Vincent Humbert quand il les attendait. Il le dit et s'en plaint dans son livre qui est un hymne à la vie et le récit d'une avalanche d'égoïsmes qui l'ont acculé

Encore l'invocation d'une dignité pourtant tellement refusée aux milliers d'oubliés dans les maisons de retraite, que l'on ne voit pas comment elle serait sincèrement accordée aux enfermés dans la maladie. En vérité, l'euthanasie consiste moins à reconnaître la dignité de l'autre qu'à s'exonérer de sa culpabilité envers les autres. Notamment parce que, depuis vingt ans, on a voté n'importe comment en laissant se créer tellement la pénurie de tout que l'euthanasie organise en final la pénurie de la vie. Quand l'Europe des restrictions impose le choix budgétaire entre investir pour les dieux du stade ou les vieux au dernier stade, on choisit les premiers et on offre l'euthanasie aux seconds.

Enfin, quand on invoque les droits de l'homme pour refuser aux fils malades de l'homme le droit de rester parmi les autres hommes, le droit à l'euthanasie de l'autre se réduit au droit à l'égoïsme pour soi. C'est si vrai que s'il ne restait sur terre que B. Kouchner et Chantal Sébire, le premier voudrait-il vraiment une "loi d'exception" pour éliminer la seule habitante et se retrouver seul avec son sac de riz ? C'est donc bien que le grand malade a une grande valeur, puisque lorsque Robinson Crusoë n'a plus que lui le vendredi, il ne lui viendrait pas à l'idée de le tuer le samedi. Pour se retrouver seul le dimanche.

Or les hommes de la terre sont seuls dans l'espace. Les deux sondes spatiales, parties sous la présidence Carter il y a trente ans, ont quitté le système solaire à la recherche de signes de la vie. Et elles n'ont rien capté. La vie terrestre est bien une exception dans l'univers. "Une exception à la loi" de la vie exceptionnelle supprimerai alors l'exception de la vie.

M. le ministre Kouchner, Mme le ministre Morano, quand un pays commence à faire une "exception à la loi" de Moïse, on sait où le toboggan des exceptions conduit. Moi, j'ai choisi le camp de la vie. Sans aucune exception.

vendredi, 14 décembre 2007

Ces députés européens du Front National qui défendent des causes justes

vendredi, 28 septembre 2007

Martinez au Parlement Européen


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Mise en oeuvre de la décision du Conseil relative au moratoire sur la peine de mort
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Débat sur la restructuration de l'industrie sucrière
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