mercredi, 24 septembre 2008

Afghanistan

Toujours à propos de l'embuscade afghane.

taliban.jpgMême si c'est plaisant de le croire, nulle reconnaissance aérienne, n'a jamais déjoué- jusqu'ici en tout cas- la plupart des embuscades tendues en milieu difficile.

En général, le guérillero qui n'est pas tombé de la derniere pluie, s'arrange toujours pour ne pas être découvert, avant qu'il ne décide d'ouvrir le feu. C'est du choix du terrain et de l'effet de surprise qu'il tire sa puissance. Sinon, il lui serait difficile de survivre.

De cette maniere et pour un temps limité, il pourra dominer un adversaire supérieur en nombre et en matériel. Et de même qu'il aura pris l'initiative du déclenchement des hostilités, il y mettra subitement fin, des lors qu'il se sentira menacé dans son décrochage et son repli.

Il n'est donc pas facile d'éventer les embuscades. Surtout que le massif de l'Hindou-Kouch doit comporter des milliers de grottes et d'éboulis, qui sont autant de coupe-gorges.

En revanche, on peut en limiter les effets par des appuis judicieux, terrestres et aériens.

Pour cela, il est indispensable de disposer- et je ne suis pas sûr que ce soit le cas- d'un outil tactique adapté à la situation. De telle sorte qu'un élément ami, tombant dans un guet-apens, puisse compter immédiatement, sur l'intervention d'hélicopteres armés et de renforts héliportés d'encerclement.

Si on donnait l'habitude aux Talibans d'être "piégés" à leur tour, ils y regarderaient à deux fois avant de monter leurs "traquenards".

Malheureusement, je crains qu'il soit loin le temps où, en Algérie, un Commando de Chasse (le V24), disposait de deux Alouettes (balisage et commandement), d'un H 34 (armé d'un canon-mitrailleur de 20mm) et de quatre H 21 (banane) de transport de troupe.

C'était l'époque où l'Armée Française n'était pas encore sinistrée.

 

Draguignan le 10 septembre 2008

Mr Le Chef de Bataillon Robert Lalanne, Commandeur de la Légion d'Honneur

ancien conseiller regional FN du VAR

 

Commentaires

Analyse parfaitement juste.
Le gros problème est que l'on a envoyé nos hommes au carton sans appuis...et c'est bien clair qu'à force de dissoudre des régiements et de sabrer les programme d'équipements des armées, l'armée française n'est plus capable de faire aujourd'hui grand chose.
Si ce n'est être désormais les supplétifs des Américains.
Analayse confirmée en tous cas, déjà par ceux d'entre nous qui ont été envoyés en opérations en Afghanistan ces dernières années, mais également par un officier para interviewé dans le précédent numéro de Rivarol sous le titre "Afghanistan: un offcier para accuse".
Merci et bon courage au CDT LALANNE.

Ecrit par : Olivier | samedi, 04 octobre 2008

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